samedi 8 janvier 2011

Des vœux zé des résolutions

Cette année, j’innove. Aussi bien changer mes habitudes de vieille fille avant qu’il ne soit trop tard. Après tout, on annonce la fin du monde pour 2012, ce qui ne me laisse que quelques mois pour prendre de nouveaux plis.

Trêve d’ironie, je n'ai pas l'intention de vous bassiner avec ces sombres élucubrations. Je vous entretiendrai plutôt de mon renoncement aux traditionnels vœux et résolutions du Nouvel An que j'ai d'ailleurs jetés avec le sapin.

Meilleurs vœux la prochaine fois!

Je peux vous le confirmer. Les vœux ne se réalisent pas. La preuve : je fais le même vœu chaque fois que l’occasion se présente depuis 10 ans. Nouvel An, anniversaire, étoile filante, trèfle à quatre feuilles, fraise mutante. Et puis quoi? Rien. Que d’acharnement pour générer tant de déception.

Cette année pour le jour de l’An, je me suis jointe à un sympathique trio de célibataires (pré)trentenaires. Ma sœur, chef d’orchestre de ce quatuor de circonstance, lève son verre : « Les vœux, c’est n’importe quoi. Ce que je nous souhaite pour 2011, c’est une année meilleure que 2010! »

Une année meilleure*. Un vœu lucide, subjectif, évolutif et sage. À l’image de ma sœur.

D'un vœu comme celui-là, j’en veux bien parce qu’il est senti et profondément sincère. Mais des autres vœux, de ces politesses aseptisées qu’on sème à tout vent pendant le mois de janvier, je n’en veux plus. Des « Bonne année! » mécaniques du chauffeur d’autobus aux futiles « Santé, bonheur! » de ma conseillère financière, je préfère encore les formules de politesse habituelles. Au moins, les « bonjour » et les « merci » ont l’avantage d’être efficaces, monosémiques et ne prétendent à aucune valeur affective.

Vox populi : en ce début d’année, me trouvez-vous plutôt sarcastique ou désillusionnée? Sarcastique parce que désillusionnée? (cliquez ici pour accéder au sondage)

Voilà le résultat de 10 années de vœux déçus…

Résolvez, mes braves!

Résolution, du latin resolvere, résoudre. Autrement dit, une résolution est une solution trouvée à un problème. Et s’il est un problème qui me pourrit l’existence, c’est bien ma propension à résoudre des problèmes, souvent complexes, inextricables, voire insolubles que j’ai dénichés là où il n’y en avait pas.

Parlez-en aux trois lurons à qui je me suis jointe le 31 décembre. Pour la première fois de leur vie (je l’espère), ils ont assisté à une scène digne d’un Woody Allen quand mes collants se sont coincés - chez nos hôtes que je ne connaissais pas - dans le zipper d'une de mes bottes. Paniquée, je ne voyais que deux solutions : garder mes bottes et perdre la face ou déchirer mes collants et perdre ma dignité. Dans les deux cas, c'était la cata.

Mais rassurez-vous, ce mélodrame bottocollo-jambesque n’a pas eu raison du quatuor, bien qu’à un certain moment, j’aurais compris si les trois autres avaient fait semblant de ne pas me connaitre…

Vous trouvez, avec raison, que cette histoire de collants et de bottes a pris des allures disproportionnées? Alors, imaginez le temps et l’énergie que je perds chaque année à prendre et à tenir des résolutions pour des problèmes… sans importance?

Autre argument anti-résolution. Les résolutions, pour autant qu’on les tienne, engendrent stress et sentiment de culpabilité.

Prenons le classique « perdre du poids » (encore faut-il avoir réellement quelques kilos en trop…). Au début janvier, les gyms s’emplissent de résolutionnaires motivés qui ont dépoussiéré leurs livres de diète après la pesée rituelle post-jour de l’An.

Mi-février, le trois quarts d’entre eux auront déserté les tapis roulants et cédé à la pressante tentation des calories vides. Parmi ceux qui tiennent encore en mars, combien sont plus déterminés qu’angoissés par la performance ou encore masochistes?

Et bien moi, cette année, je fais un pied de nez aux traditions du Nouvel An. Basta les vœux polis, les résolutions, les angoisses de performance et le masochisme!

J'en vœux pu!

Tu tu tu. Je vous entends penser et froncer les sourcils : « Ok, mais si l’overdose de pubs de Noël n’avait pas embrumé ton cerveau, quelle aurait été ta résolution cette année? » Hum. Eh bien, avant décembre prochain, j’aurais voulu me remettre à croire au Père Noël.

Croire au Père Noël? C’est farfelu, j’en conviens, mais pourquoi pas! « Et qu'est-ce que tu lui demanderais? », vous esclafferez-vous.

Simplement de réaliser mon unique vœu en laissant sous mon sapin un amoureux tout emballé.


* Soit dit en passant, fidèles lecteurs, je vous souhaite également une année meilleure. Sincèrement.


Source de l'image : L'Internaute http://www.linternaute.com/cartes/envoi/975944/1131065300/409/meilleurs-voeux.shtml