vendredi 5 février 2016

Nivellement par le bas?

Le commentaire « on nivelle par le bas » est souvent apparu dans mon fil de nouvelles hier, à la suite de l’annonce de l’arrivée de l’orthographe rectifiée dans les manuels scolaires en France à la rentrée 2016.

On nivelle par le bas. Le savoir se perd, l’école rend paresseux.

À l’époque, la vôtre, la mienne, on apprenait l’orthographe d’usage à la dure, avec ses « î » et ses « û ». Vingt ans plus tôt, nos parents apprenaient non seulement l’orthographe d’usage dans toute sa complexité, mais aussi les tables de carrés et à déclamer des fables de La Fontaine. Et nos grands-parents, pour ceux qui avaient la chance d’aller à l’école, récitaient le petit catéchisme et le rosa, rosa, rosam d’un même souffle monocorde.

À cette époque, la mémorisation était à l’apprentissage ce que les muscles étaient au défrichage.

Moi, je dis : cessons de niveler l’école par le bas et revalorisons le rôle de la mémoire déclarative dans les apprentissages, le « par coeur ». Car c’est de cela dont il est question, quand on dit que l’orthographe rectifiée abaisse le niveau de complexité de l’apprentissage du français : il rend le « par coeur » moins difficile. On vit dans une société qui valorise la performance, après tout, pourquoi abaisser le niveau de difficulté quand il s'agit d'apprendre...

Alors, comme « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire », je pense que nous, adultes, devrions montrer l’exemple en élevant nos critères de réussite, en valorisant l’effort.

À compter d’aujourd’hui, je propose qu’on cesse d’utiliser les allumettes, la scie à chaîne, le lave-vaisselle, la voiture et l’eau courante. Qu’on se détourne de nos ordinateurs et de nos téléphones intelligents qui ramollissent notre mémoire déclarative. Qu’on mémorise les numéros, qu’on réapprenne à utiliser un téléphone à cadran, qu’on revienne au papier crayon, pardi!

Ce statut sera donc mon dernier, puisqu’il faut sans tarder que je commence à muscler mon cerveau. Si vous me cherchez aujourd'hui, je suis à la bibliothèque, à me niveler par le haut, vade-mecum en main, pour apprendre une langue difficile, le moyen « françois ».

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