vendredi 27 février 2015

27 jours et 3/4

Source : Global Jet sur Flickr
L'envie subite me prend de boire un gin tonic.

Je sors la bouteille de Bombay cachée dans le bas de mon armoire, à côté des ognons.

Une once et demie de gin au fond du verre, j'allonge au tonic water, mais pas trop.

La lime?
Est où, la lime?
Au diable la lime!

J'avale mon drink d'une traite. Dans mon sommeil paradoxal.

Depuis deux semaines et demie, je rêve que je bois. Je ne pense qu'à ça. Je compulse littéralement sur l'alcool. Je compte les dodos. Et pourtant, je ne suis pas alcoolo. Loin de là. Ceux qui me connaissent savent que je bois peu et qu'après deux verres, je dis à qui veut l'entendre que je suis pompette. À trois, je fixe mes mains en souriant bêtement. À quatre, je ne tiens debout que par orgueil.

Si je suis le régime dry depuis le 31 janvier 21h, c'est que j'ai décidé de ne pas boire pendant tout le mois de février. Et je ne l'ai pas fait pas pour ramasser des dons, comme certains d'entre vous. Nanon. Je l'ai fait juste parce que j'aime me mettre au défi je suis masochiste. Et j'ai même pas l'intelligence de me donner du mérite par altruisme.

Imaginez. Un mois. Sans. Une. Goutte.
Pour rien.

Même pas une goutte le soir de la Saint-Valentin où j'aurais volontiers siphonné à la paille la bouteille de champagne que mon ami Séb m'a offerte, en janvier.

Elle est encore au frigo.
Je n'en peux plus.

Je ne peux même pas dire que je sens plus en forme, que je dors mieux, que j'ai moins de problèmes digestifs ou que j'ai perdu du poids. Ça ne m'a rien fait, sauf me donner des envies d'alcool compulsives pour la première fois de ma vie.

Mon ami(e), je t'aime. Et parce que je t'aime, je vais t'encourager à ne pas suivre mes traces. Si tu choisis de ne pas boire, fais-le pour une raison qui en vaut la peine. Ok?
- Allo! Un se fait un 5 à 7 jeudi? 
- Ok! Juste te dire que je ne boirai pas d'alcool. C'est ok?
- Ok... Es-tu alcoolo / enceinte / malade?
Ce que j'ai trouvé le plus difficile de cette expérience, c'est de justifier mon choix. Pas que mes amis ne sont pas compréhensifs : ils savent bien que j'aime pas faire comme tout le monde. Ce que j'ai trouvé difficile, c'était que je me marginalisais moi-même, sans que ça m'apporte autre chose que de pouvoir dire que je n'ai pas bu d'alcool en février 2015, juste pour le fun.

Est-ce que je tenterai à nouveau l'expérience en février 2016? J'espère que non.

À l'heure de publier ce billet, ça va faire 26 jours que je n'ai pas bu d'alcool. Et si je tiens bon jusqu'à l'heure de l'apéro demain, ça va faire 27 jours et 3/4.

Si vous me voyez samedi assise au bar à scruter mes paumes, vous pourrez m'offrir un gin tonic en guise de médaille. Ou pas.