mercredi 3 septembre 2014

Le vélo

Source de l'image : Rodrigo David sur Flickr
Je fais ce rêve récurrent depuis quelques années. J’enfourche un vélo et je pédale jusqu’au pont Laporte. Je le traverse de peine et de misère et, rendue sur la 20, je choisis de rouler vers l’est, dans le même sens que le courant du Saint-Laurent. Je ne sais pas où je m’en vais ni pourquoi, mais je sais que c’est ce qu’il faut que je fasse, que je roule vers l’est, dans mon rêve.

Je me l'explique facilement. C'est un désir de revenir aux sources, à mes Trois-Pistoles natales, à ma famille. Je fais la route à bicyclette parce que je n’ai pas de permis de conduire et que j’aime ça, me propulser par mes propres moyens.

J’ai toujours aimé faire du vélo. À défaut d’en avoir encore un, je fais du vélo stationnaire trois fois par semaine au gym. Bon, ce n’est pas aussi exaltant de pédaler devant un écran de télé que sur le bord du fleuve, mais quand je ferme les yeux, je peux voir la route s’étirer devant moi, sentir le vent sur mon visage et, parfois, les défauts de l’asphalte sous mes pneus.

J’ai beaucoup d’imagination.

Sur mon vélo stationnaire, j’ai beaucoup d’imagination et beaucoup de questions sans réponses. 

Que dois-je faire? Où trouverai-je à nouveau un job steady? Quand? Ai-je fait de bons choix? Qu’est-ce que la vie attend de moi? Pourquoi m’arrive-t-il tout ce qu’il m’arrive depuis un an?

J’ai eu une année difficile.
Je cherche, je veux des réponses.

La semaine dernière, en pédalant au gym, j’ai compris quelque chose. J’ai fermé les yeux, quelques secondes, comme d’habitude. J’ai vu la route s’étirer devant, j’ai senti le vent sur mon visage et les défauts de l’asphalte sous mes pneus, comme d’habitude. Et puis là, j’ai vu le pont Laporte, un panneau routier.

Ouest. Montréal.

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