lundi 5 juillet 2010

Le premier rendez-vous


Jusqu’à hier après-midi, j’étais en quête depuis une semaine du sujet du premier billet de ce blogue. De quoi allai-je entretenir mon lectorat avide mais, pour le moment, peu nombreux? Du Scrabble, ce jeu passionnant qui, malheureusement, fait peu d’adeptes chez les moins de 50 ans? Quel sujet d’intérêt me permettrait de briser la glace derrière laquelle moi, blogueuse néophyte, je me cache encore?

Égale à moi-même, j’ai verbalisé mon angoisse du billet blanc à Érostrate* devant un pannini Biloxi à demi englouti et une écorce de citron au fond d’un verre. Nous revenions d’une pièce de théâtre à laquelle il m’avait invitée. C’était notre deuxième rendez-vous.

Érostrate
    Il m’arrive de télécharger des films sur un site Internet… mais ça ne m’arrive pas souvent. Et je suis tombé sur ce site par hasard…
Moi
    (sur le ton de l’ironie) Tu perds des points! Avant de te justifier, tu perdais 10 points, maintenant, tu en perds seulement 5!
Érostrate
    (bon joueur) Tu pourrais parler de ta façon de calculer mes points, dans ton premier billet.


Érostrate m’avait soufflé candidement le sujet de mon premier billet. Je ne parlerais évidemment pas du calcul de ces points imaginaires que les femmes brandissent sous le nez de leur prétendant dans le seul but de les soumettre à une pression inutile. Dans ce premier billet, j’allais plutôt vous parler du premier rendez-vous.

L’avant

15 h 36. Après m’être brossé les dents deux fois, je cherche mes clés, voyons, elles étaient là pourtant! Je les retrouve… dans ma poche. Fiou!

15 h 40. Je ferme la porte, je prends deux-trois-quatre grandes respirations. Je descends l’escalier, je me dis que je suis énervée, MON DIEU que je suis énervée! Je marche sans presser le pas : pas question d’arriver à ce premier rendez-vous en sueur.

15 h 57. Je le reconnais, il m’attend sur la terrasse du café. Suis-je en retard? Non, pile à l’heure, sans même un cerne de transpiration. Wouhou!

Le pendant

Érostrate me reconnait. Il tient dans sa main un bout de papier sur lequel il a écrit des mots payants au Scrabble en m’attendant. Il m’en fait la lecture. « Bikini, grenat », je ris! Il semble un peu nerveux. Il est plus beau que je l’avais imaginé.

Nous passons un très agréable moment. Nous convenons de nous revoir bientôt. Je rentre à la maison en me rappelant son sourire et son regard pénétrant. Je suis à la fois fascinée et troublée par cette complicité quasi-surnaturelle qui s’est installée entre nous, tout simplement.

L’après

Je me surprends à vouloir croire au destin, à une ile déserte sur laquelle habitent Marilyn, Elvis et leurs potes immortels. Au monstre du Loch Ness, au communisme, au Père-Noël, au come back prochain de Pink Floyd. Je veux partir à la recherche du pot d’or qu’on trouve au pied des arcs-en-ciel. J’ai le béguin.

Il y a ces premiers rendez-vous qui, à peine débutés, vous paraissent sitôt comme les derniers. Et il y a de ces premiers rendez-vous qui vous donnent envie d’une infinité d’autres, comme celui-ci, avec vous, chers lecteurs. Et comme celui-là, avec Érostrate.




Source de l'image : http://www.flickr.com/photos/rw23/2540944174/sizes/s/

1 commentaire:

  1. Voilà un savoureux début. J'en redemande. Aiguisez votre plume et revenez-nous prestement! (signée: votre première-membre-et-fière-de-l'être ;-)

    RépondreSupprimer

Merci d'enrichir ce billet de vos commentaires.